Comment rester “vert” jusqu’à son décès ?

Moins prisées en France que dans les pays anglosaxons, les funérailles écologiques restent néanmoins possibles. Une possibilité offerte pour celles et ceux qui dans leurs dernières volontés ont souhaité organiser leurs funérailles de manière la plus écologique possible. Un enterrement à l’image de leur existence passée à œuvrer en faveur de la préservation de l’environnement, une vie passée à consommer de manière la plus vertueuse possible.

Les obsèques écologiques, les alternatives

Que l’on opte pour l’inhumation ou la création, la mort a forcément un impact sur l’environnement. Après la mort, le corps est conservé grâce à des produits pour la plupart polluants – formaldéhyde, méthanol, glycol, phénol, de l’éosine notamment – afin de ralentir le processus de décomposition avant la mise en bière. Mise en bière qui demande l’inhumation du défunt dans un cercueil en bois. Outre la diffusion en terre des polluants, il faut en moyenne un mètre cube de bois pour construire un cercueil. En parallèle, le procédé de crémation consume lui aussi des ressources – le bois du cercueil notamment – et dégage également des polluants à l’image du CO2, des dioxines provenant des produits formolés, mais aussi du mercure si le défunt avait des plombages dentaires. 

Néanmoins, il est possible de réduire son empreinte écologique et protéger l'environnement lors de ses funérailles. Pour les amoureux de Dame nature, il existe des matériaux alternatifs tout en conservant les procédés traditionnels de crémation et d’inhumation.

Une urne bio

Le choix d’une urne funéraire biodégradable est un bon compromis entre la dignité humaine et le respect de la nature. Utilisée pour recueillir les cendres du défunt lors de la crémation, à l’image d’une urne funéraire classique, elle diffère de par sa composition. L’urne biodégradable est fabriquée à partir de matières d’origines 100% naturelles. Sa décomposition dans le temps se fait alors sans impact sur l'environnement. Sa dissolution dans l’eau ou la terre se fait alors tout naturellement. Elle n’en demeure pas moins également personnalisable. Des éléments comme des fleurs, des pierres par exemple peuvent également être incrustés. Certains modèles vont encore plus loin à l’image des urnes funéraires à base de fibre de noix de coco mélangées à des fertilisants biologiques, de la tourbe, de la cellule et des graines d’arbres. En se dégradant, l’urne et les cendres du défunt se transforment alors en un bel arbre : toute une symbolique ! 

Un cercueil plus « vert »

Là encore, il est possible d’opter pour un cercueil qui se décompose naturellement. En carton, en bambou, en osier ou encore en papier recyclé et amidon de maïs, les alternatives au traditionnel cercueil en bois sont légion. Le capiton étant quant à lui, en lin. Et là encore, les cercueils sont personnalisables. Une option durable. Et pour cause, ces cercueils d’un nouveau genre ne dégagent pas de métaux lourds lors de la crémation, le temps de crémation est également réduit et surtout ils se dégradent naturellement en cas d’inhumation sans polluer.

Pour aller encore plus loin dans la démarche, il est possible de faire appel à un opérateur funéraire qui n’a pas recours à des produits chimiques pour l’embaumement du corps, d’opter pour un lieu de sépulture situé à proximité des proches, de choisir une stèle funéraire écologique en bois, en cuir, en papier ou en parchemin. Et, dans un futur proche pourquoi ne pas opter pour l’aquamation – le corps est plongé dans un bassin d’eau chaude contenant un mélange de carbonates et d’hydroxydes – la résomation – le corps placé dans un linceul en soie puis plongé dans un mélange d’eau chaude additionné de soude et de potasse – la promession où le corps est gelé grâce à de l’azote liquide avant d’être soumis à des vibrations avant de le réduire en poussières lyophilisées ; car pour l’heure, ces techniques qui se développent de par le monde ne sont pas encore autorisées en France.