Coût d’un plein d’hydrogène : tarifs et comparaison avec l’essence

Un tarif au kilo qui tutoie les sommets, une addition qui dépasse les 80 euros pour franchir 500 kilomètres : le plein d’hydrogène en France n’a rien d’un détail anodin sur un ticket de caisse. L’écart avec l’essence, lui, varie autant que les modèles de voitures ou les humeurs du marché pétrolier.

Dans l’Hexagone, la tarification de l’hydrogène n’obéit pas aux règles du supermarché. Ce carburant, encore rare, doit composer avec des méthodes de production variées, une demande balbutiante et un réseau de stations qui peine à s’étendre. Malgré le volontarisme affiché par Paris et Bruxelles, la bataille de la rentabilité reste ouverte.

Voiture à hydrogène : où en est-on aujourd’hui en France ?

La voiture à hydrogène avance à petits pas, portée par des pionniers comme la Toyota Mirai ou le Hyundai Nexo. Ces modèles croisent parfois la route sur nos axes, mais leur diffusion reste limitée : le marché français, encore en chantier, attend son envol. Des initiatives nationales, à l’image de la Hopium Machina et du NAMX HUV, témoignent d’une volonté de s’imposer, même si elles restent pour l’instant cantonnées à quelques prototypes ou à des carnets de précommandes.

Mais la vraie question, c’est celle du réseau. Fin 2023, la France comptait moins de soixante stations hydrogène, concentrées autour de Paris et de quelques grandes agglomérations. Ouvrir une station hydrogène, c’est engager plusieurs millions d’euros, un frein sérieux à l’expansion du maillage. Résultat : la circulation des véhicules à hydrogène reste contrainte, l’essor de la pile à combustible piétine.

Côté constructeurs, seuls Toyota et Hyundai proposent aujourd’hui des véhicules hydrogène accessibles au grand public. D’autres marques, comme BMW, observent, expérimentent, mais sans se lancer franchement. Sur le papier, la pile à combustible promet des trajets sans émissions. Dans les faits, elle s’accompagne d’un prix d’achat qui dépasse 60 000 euros pour une berline, et d’un coût d’infrastructure qui refroidit plus d’un investisseur.

Le paysage français s’articule autour de projets locaux, d’expérimentations et de quelques flottes professionnelles, notamment parmi les taxis parisiens ou certaines collectivités. Les obstacles restent nombreux : prix élevé, réseau restreint, production d’hydrogène bas-carbone encore insuffisante. La démocratisation de la mobilité hydrogène n’est pas pour demain, mais la dynamique s’installe.

Combien coûte réellement un plein d’hydrogène en 2024 ?

En 2024, le prix du plein d’hydrogène tourne autour de 12 à 15 euros le kilo, selon la localisation de la station et la méthode de production utilisée. Un modèle de série comme la Toyota Mirai ou la Hyundai Nexo emporte habituellement entre 5 et 6 kg dans son réservoir.

    Voici la réalité des chiffres pour l’usager :

  • Coût d’un plein complet : la facture oscille entre 60 et 90 euros pour une autonomie comprise entre 500 et 600 kilomètres.
  • Prix moyen au kilo : environ 13 euros en France, l’écart dépendant surtout de la provenance de l’hydrogène et du gestionnaire de la station.

Cette addition s’explique. Aujourd’hui, la production d’hydrogène repose encore en grande partie sur le vaporeformage du gaz naturel, un procédé énergivore et loin d’être exemplaire sur le plan environnemental. Si l’électrolyse progresse, elle se heurte à des coûts encore élevés.

Installer une station hydrogène exige entre un et deux millions d’euros, un investissement répercuté sur le prix affiché à la pompe. Le faible nombre de points de distribution, couplé à une clientèle limitée, maintient le prix de l’hydrogène carburant à un niveau élevé.

La comparaison avec l’Allemagne illustre bien les disparités européennes : là-bas, le kilo s’affiche parfois à 10 euros, grâce à un réseau mieux développé et à des politiques publiques plus structurées. La France, elle, oscille encore entre ambitions industrielles et contraintes économiques réelles.

Essence versus hydrogène : une comparaison des tarifs et des usages

Mettre face à face le plein d’hydrogène et le plein d’essence, c’est confronter deux mondes. Un réservoir standard de 50 litres d’essence coûte aujourd’hui près de 90 euros, avec un carburant sans plomb affiché aux alentours de 1,80 euro le litre. Pour une autonomie similaire, le plein de voiture hydrogène frôle le même montant.

Mais tout ne se résume pas à la facture : le fonctionnement diffère. L’hydrogène alimente une pile à combustible qui génère l’électricité nécessaire au moteur, là où l’essence fait tourner un bloc thermique classique. Les voitures hydrogène offrent un rendement énergétique supérieur, mais leur coût à la pompe reste élevé, lesté par la production et la distribution du carburant.

    Pour mieux cerner les atouts et faiblesses de chaque technologie :

  • Essence : réseau ultra-dense, disponibilité instantanée, technologie éprouvée mais émissions de gaz à effet de serre notables.
  • Hydrogène : réseau embryonnaire, recharge expresse, usage encore marginal, zéro émission polluante en sortie d’échappement.

Pour l’instant, la mobilité hydrogène séduit surtout les flottes professionnelles. Les modèles phares, Toyota Mirai et Hyundai Nexo, restent rares sur les routes françaises, freinés par le coût et le manque de stations hydrogène. L’essence conserve l’avantage de la simplicité et de l’accès, mais la question des carburants alternatifs s’impose, face à l’urgence de réduire l’empreinte carbone.

Femme regardant les prix d

Avantages, limites et perspectives d’avenir pour la mobilité hydrogène

La mobilité hydrogène intrigue par ses promesses. Un véhicule hydrogène ne rejette que de la vapeur d’eau, ce qui en fait une solution sérieuse pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Son autonomie dépasse celle de bon nombre de voitures électriques, et la recharge se fait en moins de cinq minutes, un atout pour les trajets longue distance ou les professionnels. La pile à combustible transforme l’hydrogène en électricité, le tout dans un silence appréciable.

L’offre, cependant, reste restreinte. À ce jour, seules quelques références comme la Toyota Mirai ou la Hyundai Nexo circulent en France. Le réseau de stations hydrogène demeure limité. Paris et quelques métropoles européennes démarrent tout juste leur équipement, ce qui freine encore la diffusion du plein de voiture hydrogène. Du côté des tarifs, la voiture hydrogène s’affiche à plus de 60 000 euros, une barrière pour les particuliers, malgré l’existence de bonus écologiques.

    Voici les points à retenir sur la mobilité hydrogène :

  • Avantage principal : zéro émission polluante lors de l’utilisation.
  • Limite majeure : coût d’installation d’une station hydrogène qui se chiffre en millions.
  • Perspectives : montée en puissance via des projets pilotes, dynamique européenne, baisse attendue du coût de l’hydrogène vert.

La filière française accélère, portée par des consortiums industriels et le soutien européen. Mais réussir la transition vers la mobilité hydrogène impose de massifier la production décarbonée et de rendre les véhicules hydrogène plus accessibles. Un défi de taille, à la croisée de l’industrie, de l’énergie et de la logistique. Si la route paraît longue, l’horizon commence tout juste à s’éclaircir pour cet acteur discret mais ambitieux de la mobilité du futur.

Ne ratez rien de l'actu