10 méthodes concrètes pour revoir, mémoriser et apprendre avec efficacité. Beaucoup d’élèves cherchent comment s’approprier durablement leurs cours :
- Est-ce que se contenter de relire fonctionne vraiment ?
- Comment éviter de bachoter en vitesse ?
- Comment retenir sur le long terme ?
- Comment apprendre tout en y prenant du plaisir ?
Comment signaler à son cerveau que les informations lues, écrites ou revues comptent, qu’elles ont une valeur durable… et qu’il faut les stocker pour de bon ?
Voici 10 stratégies pour revoir, mémoriser et apprendre efficacement, glanées au fil de mon expérience et de plusieurs lectures de référence :
1. Expliquer à quelqu’un d’autre
Parler d’un sujet, en reformuler le contenu, jouer le rôle de l’enseignant, tout cela pousse à structurer la pensée et à ancrer l’information. On peut aussi creuser le sujet en posant des questions ciblées, ce qui favorise la compréhension.
Un article aborde justement l’art de questionner pour mieux retenir : Apprenons aux enfants à se poser des questions.
Carte mentale des questions ouvertes, Atelier de pédagogie positive (The Happiness Factory)
2. Les cartes flash
Les cartes-éclair présentent, sur chaque face, deux éléments liés : question/réponse, opération/résultat, image/mot étranger… Les créer soi-même, puis s’auto-interroger, active la mémoire et la compréhension.
3. Imaginer des images ou des histoires mentales
Associer une notion à une image, à une histoire, décuple la mémoire. Dans son ouvrage Objectif Mémoire, Hélène Weber invente une histoire pour retenir l’ordre des planètes :
Un soleil éclatant tutoie un petit thermomètre nommé MERCURE. La chaleur fait éclater le thermomètre, dont les gouttes de mercure roulent à vos pieds.
Une jeune femme arrive, belle et sucrée, incarnant la déesse VÉNUS. Elle s’amuse avec les billes de mercure, en lance une qui atterrit avec fracas sur la TERRE, votre jardin.
La bille rebondit chez le voisin, petit et colérique : c’est MARS, dieu de la guerre.
Mars se prépare à charger, mais s’arrête devant un géant impressionnant : JUPITER, le roi des dieux, une mèche dessinant le « J » sur son front.
Sur le t-shirt de Jupiter, le mot SOLEIL rappelle trois autres planètes : SATURNE, URANUS, NEPTUNE.
Jupiter rit à gorge déployée, pendant qu’à ses pieds bondit le petit chien Disney : PLUTON.
Mathieu Protin propose aussi une technique basée sur des histoires loufoques pour retenir les tables de multiplication. Pour aller plus loin, découvrez : Multimalin : 56 cartes pour mémoriser les tables de multiplication pendant longtemps.
4. Illustrer : exemples, pictos, schémas
Comprendre, c’est pouvoir reformuler avec ses mots, mais aussi imager l’information à l’aide d’exemples, de schémas ou de pictogrammes. Voici comment procéder concrètement :
Exemples de phrases
J’ai accompagné une collégienne qui devait retenir cinq mots, dont « expiré ». Elle récitait la définition, mais sans vraiment la saisir. Je lui ai demandé un exemple : après réflexion, elle a lancé : « Le jambon expiré est mort ». J’ai complété en proposant un autre exemple (le Minitel), puis on a clarifié le sens : « expiré », c’est aussi passé de mode. D’un coup, tout s’est éclairé.
Illustration par pictogrammes
Près de chez moi, un zoo a pour emblème un gorille élevé comme un enfant. Pour retenir le nom d’un habitant de ce village, je l’ai dessiné à côté d’un petit gorille sur ma fiche. Depuis, impossible d’oublier ce lien.
Un schéma vaut mille mots
Avec cette même élève, le concept de gaz à effet de serre restait flou. Le professeur s’était contenté de faire copier la définition. Je lui ai alors demandé de dessiner ce que cela évoquait pour elle : son schéma associait le réchauffement climatique à une centrale nucléaire. De fil en aiguille, à travers des discussions sur les inondations à New York, le tsunami de Fukushima, la disparition des Seychelles, ou encore les voitures électriques, elle a pu corriger et affiner son schéma jusqu’à saisir le concept.
La prise de note visuelle (sketchnote)
Pour intégrer images et schémas dans ses notes ou mémoriser ses cours, découvrez cet article : 7 étapes pour apprendre à dessiner (prendre des notes visuelles).
Les enseignants peuvent utiliser la sketchnote en classe, pour présenter les leçons ou aider les élèves à organiser leurs prises de notes.
Le Lapbook
Le lapbook, c’est un livret personnalisé qui rassemble des éléments variés (dessins, textes, collages, graphiques…) autour d’un thème. On y entrepose les informations de façon ludique et modulable : rabats, pochettes, roues, onglets, enveloppes, tout y passe. Chaque forme mobile représente une notion à retenir.
Les lapbooks, souvent très colorés, rendent l’organisation et la mémorisation plus naturelles.
Pour approfondir la fabrication d’un lapbook, lisez : L’ordinateur portable, un support amusant et efficace pour l’apprentissage et la révision.
5. Transformer la leçon en carte mentale
Relire, ce n’est pas tout : il s’agit aussi de s’approprier activement la leçon. En réaliser une carte mentale oblige à sélectionner l’essentiel, organiser les idées, synthétiser en mots-clés, penser en images. C’est un passage à l’action qui clarifie et renforce l’apprentissage.
Une présentation complète de la carte mentale et de sa méthode de construction se trouve ici : Mind Map (ou Mind Map) : Un outil pour un apprentissage efficace.
6. L’art du fractionnement
Pour arroser une pelouse, mieux vaut trois courtes séances qu’une longue. C’est pareil pour la mémoire : privilégier des sessions d’étude brèves et espacées permet au cerveau de se mobiliser sans s’épuiser. Les longues marathons d’apprentissage ne profitent ni à la concentration, ni à la rétention.
7. Laisser passer deux ou trois jours avant de réviser
Des recherches l’ont montré : attendre deux ou trois jours avant de reprendre une leçon favorise une meilleure mémorisation, par rapport à une relecture immédiate. Plutôt que de s’acharner le soir même, il peut être plus efficace de laisser reposer l’information avant de la revoir.
8. Associer les mots à des sons, des lieux ou des gestes
Les indices contextuels boostent la mémoire. L’atelier de pédagogie positive l’a prouvé : la technique dite des loci (ou palais de mémoire) exploite la mémoire spatiale et corporelle. Voici comment elle fonctionne :
- Placer mentalement les informations à mémoriser dans différents lieux familiers
- Associer chaque mot ou notion à un lieu précis
- Pour chaque élément (par exemple, un vers de poésie), choisir une pièce ou un objet de la maison où l’installer mentalement
- À chaque révision, refaire ce parcours dans sa tête et énoncer à voix haute les mots associés aux lieux
- Le jour de la restitution, visualiser la pièce ou l’objet pour retrouver le mot ou la notion
Pour approfondir : 6 étapes pour créer un palais de la mémoire (mémorisation durable).
9. Planifier les révisions selon l’échéance
Une étude menée en 2008 à l’Université de Californie a déterminé les intervalles idéaux pour revoir. Si une évaluation approche, deux sessions espacées d’un ou deux jours sont recommandées. Par exemple : pour un contrôle prévu vendredi, étudier lundi puis revoir jeudi maximise les chances de réussite.
10. Le sommeil, allié n°1 de la mémoire
La nuit, le cerveau trie, consolide et structure ce qui a été appris dans la journée.
Les neuroscientifiques l’affirment : après une phase d’apprentissage, même une sieste brève améliore :
- la mémoire
- la capacité à généraliser
- la découverte de régularités
Améliorer la qualité du sommeil peut transformer la façon d’apprendre, notamment chez ceux qui rencontrent des difficultés. Avant de se lancer, il est aussi utile d’anticiper la situation dans laquelle il faudra restituer l’information : par exemple, s’imaginer déclamer un poème devant la classe, puis « jouer » cette scène après mémorisation. Ce simple exercice prépare le cerveau à la restitution.
Source : Les meilleures façons d’apprendre par Tara Parker-Pope – http://well.blogs.nytimes.com/2014/10/06/better-ways-to-learn/?_php=true&_type=blogs&_r=0







