Est-ce que l’hypnose est réel ?

Est-ce que l’hypnose est réel ?

Tout le monde connaît l’hypnose aujourd’hui, sinon par son nom, grâce à la notoriété que cette discipline a acquise grâce à des programmes télévisés et à des figures emblématiques, comme Messmer. Mais saviez-vous qu’il n’y a qu’un seul hypnotiseur en France ? Giorda pratique ses talents depuis quelques années dans un monde entièrement masculin. Par son hypnose bienveillante, il veut sensibiliser les gens au pouvoir des mots, de la suggestion dans l’esprit humain.

Comment est né le personnage de Giorda, l’hypnotiseur, vous qui étiez actrice à l’origine ?

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Giorda, c’est très simple : c’est mon nom de famille. J’admets qu’il était important pour moi de le garder. Pour l’hypnose, tout a commencé par ma rencontre avec Léo Brière, considéré comme le meilleur mentaliste de sa génération. Dans son émission, il y a eu vingt minutes d’hypnose. Même si j’ai toujours pratiqué L’auto-hypnose, je ne l’ai jamais vue dans un spectacle, et j’avoue qu’il n’est pas facile de s’emporter, de s’abandonner à un étranger. Mais depuis que j’ai fait confiance à Leo, j’ai essayé. Et ils m’ont hypnotisée ! Mais je me suis quand même réveillé sur scène. À la fin de l’émission, j’ai eu beaucoup de questions. J’ai également eu envie d’hypnotiser, de faire vivre au public une expérience extraordinaire, de partager ce moment unique avec eux. Je lui ai parlé de mon désir de développer une hypnose bienveillante, sans moquerie, de mon désir de « réveiller » les gens, de leur faire prendre conscience du merveilleux potentiel présent dans chacun d’eux. Léo Brière m’a ensuite confié cette phrase magique : « Si tu veux, j’essaie de t’entraîner et nous pouvons voir ce qui se passe. De plus, cela peut être un gros défi, car en France, sur scène, seule, il n’y a toujours pas de femme hypnotique. »

C’est ainsi que mon aventure a commencé. J’ai également lu des livres, assisté à des conférences, organisé avec ma famille et mes amis ce que j’appelle la « formation Hyp ». Et après de nombreuses séances, j’ai finalement réussi à hypnotiser une première personne, mon premier sujet. C’était incroyable. Un mélange d’effroi, de fascination et d’émotion. Je me rappelle avoir pensé : « J’ai un super pouvoir ! Je suis un super héros. » Ce qui est fascinant à propos de l’hypnose, c’est que rien n’est pareil. Chaque personne est unique et vivra donc l’aventure à sa manière. Certains seront plus réceptifs à la voix, d’autres au regard. Mais avant tout, c’est une relation de confiance. Comme toute discipline, l’hypnose nécessite de la formation, de la rigueur et surtout de l’éthique. Au fur et à mesure que je pratique, j’identifie les signes chez les personnes, j’analyse leurs comportements. Il s’agit d’observation et cela doit être rapide. Ma première émission a eu lieu le 26 novembre 2018 et je me suis très bien débrouille. C’est alors que mon aventure hypnotique a commencé.

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Sur le panneau, il est écrit que vous êtes « le premier hypnotiseur de France ». Est-ce que c’est C’est vrai ? Pourquoi n’y en a-t-il pas d’autres ?

Avez-vous remarqué que lorsque vous écrivez « hypnotiseur » sur Internet, Google vous corrige et vous propose « hypnotiseur » ? C’est incroyable, n’est-ce pas ? Pour autant que je sache, il y a des filles hypnotiques sur scène, mais elles sont en duo ou en groupe. Pour le moment, il n’y a que moi. Attention, je parle d’hypnose, pas d’hypnothérapie parce que, bien sûr, il y a des femmes hypnothérapeutes.

Je pense que l’hypnose, bien qu’elle existe depuis longtemps, reste un mystère pour le public. Et l’inconnu peut faire peur. En tant qu’hypnotiseur, je dois l’imposer dès le début du spectacle. Pour que le public comprenne que je suis là pour lui et avec lui, qu’il peut me faire confiance. Un homme sur scène peut déjà le rassurer, peut-être grâce à sa force physique naturelle. Il est vrai que lorsque vous endormez des personnes, il faut savoir les garder et les accompagner doucement jusqu’au sol. Cependant, que puis-je faire complètement seul ! Mais à mon avis, tu as besoin de cran aussi. L’hypnose peut entraîner des abréactions, c’est-à-dire des décharges émotionnelles. Il faut les connaître et être capable de les gérer. Dans le spectacle, le public vient avec son humeur du moment, et parfois il peut donner des choses absolument incroyables et toujours inattendues. Être seul sur scène face à l’inattendu, et je peux vous assurer que dans l’hypnose, il y en a beaucoup et varié, n’ayant pas d’assistants, je dois être complètement avec les personnes qui partagent la scène avec moi, m’assurer qu’elles vivent une belle expérience et partir heureux.

En quoi l’hypnose pratiquée par une femme peut-elle différer de celle pratiquée par un homme ?

J’aime la vie, j’aime les gens et j’ai besoin de les toucher pour ressentir leur énergie. Peut-être que si j’étais un homme, ce serait plus compliqué. Ce contact avec le les personnes qui sont sur scène avec moi, me permettent de les rassurer, de me connecter avec elles et de partager, car c’est vraiment un moment de partage que nous vivons ensemble. De plus, je connais la scène, parce que je suis également actrice. Je sais jouer avec ma voix, faire les réparations nécessaires, improviser. Au début du spectacle, je suis Giorda l’hypnotisante, presque autoritaire mais jamais agressive. Une fois que tout a commencé, il n’y a plus que moi, je ris avec eux et non d’eux, je suis spectateur de ce qu’ils m’offrent.

Mon but, à travers l’hypnose du spectacle, est de prouver que oui, l’hypnose existe, qu’elle est réelle et grâce à elle, nous pouvons nous remettre en état, nous améliorer et laisser s’exprimer le merveilleux potentiel enfermé en chacun de nous. Si l’hypnose permet aux étrangers de croire qu’ils peuvent voler ou rire avec la gorge, convainquez-vous qu’elle peut être utilisée pour des choses plus profondes et très utiles. Par mon hypnose, j’essaie de sensibiliser sur le pouvoir des mots dans l’esprit humain et les convaincre que s’il y a hypnose de montrer, l’hypnothérapie fait de même. De plus, je crois que ces deux disciplines peuvent être complémentaires car elles ont toutes deux le même objectif : faire le bien. Tout le monde est réceptif à cette hypnose.

Une fois la confiance gagnée avec le public et les personnes qui deviennent les vedettes de mon émission, en tant que femme, je pense que les gens abandonnent plus facilement. Je peux me permettre plus de choses qu’un homme, dans le jeu, dans la blague, dans l’improvisation. À la fin de l’émission, j’aime parler aux gens, apprendre à les connaître. Certains se laissent même emporter par la confiance, comme s’ils voulaient prolonger ce sentiment de bien-être et partager que nous partageons sur scène. Peut-être qu’une femme inspirera une confiance plus intime.

N’avez-vous pas peur d’être connu uniquement pour ce que vous défendrez, c’est-à-dire le « premier Femme de France hypnotisante » et pas à cause de ton talent ?

L’essentiel est d’exister. Que nous venions parce que je suis la première ou parce que je suis une femme, je m’en fous. Ce qui compte pour moi, c’est de faire vivre aux gens un moment unique, et qu’ils quittent mon spectacle heureux et fier. Le reste est superflu, il faut savoir jouer, surtout à Paris, où nous avons la possibilité de nous immerger dans une culture diversifiée et variée, et où il n’est pas toujours facile de se démarquer et de durer. Oui, ce qui pousse les gens à venir, ce sont les communications, mais ce qui les fait rester, c’est vous.

Et à quoi ressemble le contact avec les autres hypnotiseurs ? N’est-ce pas difficile d’être une femme dans cet environnement masculin ?

Pas du tout, au contraire, ils sont très curieux ! J’ai reçu beaucoup de messages d’hypnotiseurs pour discuter de l’hypnose, comment la faire évoluer. Beaucoup trop Je suis venu me voir jouer. C’est toujours très intéressant et gratifiant de rencontrer quelqu’un qui exerce le même métier que vous. Je pense que la femme ou l’homme importe peu. Je suis le seul, donc peut-être que je dois prouver plus, être aussi talentueux qu’un homme, sinon plus, pour obtenir ma place.

Dans les spectacles de magie ou les spectacles, les femmes doivent souvent être plus agréables à voir qu’applaudies pour leur talent, comme on peut le voir avec les assistants sorciers. Que pensez-vous de ce fait ? À votre échelle hypnotique, avez-vous l’intention d’agir pour changer cet aspect ?

Les choses changent naturellement et graduellement. Ecoute, je suis sur scène. Le fait qu’il y ait une hypnose féminine est déjà un changement. Donc oui, certaines traditions sont difficiles à changer complètement, notamment dans la conscience collective. Je ne suis pas sûr qu’un magicien soit assisté d’un bel assistant est perçu de la même manière qu’un magicien avec son assistant. L’assistant deviendrait un homme objet, tandis qu’un assistant, c’est normal, est ancré dans notre cerveau. Par contre, je tiens à préciser que même si l’hypnose apparaît dans la catégorie magie/mentalisme, il n’y a rien de comparable ; l’hypnose n’est pas magique, sauf dans mon cœur peut-être… Aucune hypnose n’est un véritable savoir-faire ! Pas d’illusions, pas de manipulations.

Il est vrai que la magie, le mentalisme et l’hypnose sont essentiellement pratiqués par les hommes. Peut-être que c’est juste un domaine qui n’attire pas les femmes, ou elles n’en ont jamais eu l’idée. Si je n’avais pas rencontré Leo, je ne suis pas sûr qu’il serait devant toi aujourd’hui. Et pourtant, l’hypnose m’a toujours intéressée, mais je n’ai jamais pensé à la pratiquer sur scène, même si je l’ai toujours fait. Etre sur scène pour pratiquer l’hypnose, la rendre accessible au public, pour qu’ils ne le craignent plus, mais trouvent un moyen de se révéler, c’est merveilleux ! Je suis fière d’être une femme et je pense que puisque je suis une femme, mon succès sera merveilleusement différent, pas meilleur, juste différent.

À partir du 5 mars, vous pourrez rencontrer GIORDA tous les jeudis au Apollo Theater . L’occasion de le découvrir dans son spectacle « Giorda vous hypnotise », et ainsi de vivre une expérience unique, tout en douceur et bienveillance.

Visuel : © Laetitia Giorda