Avant de signer un compromis ou de poser une offre sur un terrain, une vérification rapide peut éviter des mois de complications. Le service public Géoportail, associé à la plateforme Géorisques, permet de consulter gratuitement les risques naturels liés à une adresse, zone inondable en tête. Depuis janvier 2025, les informations accessibles sur ces outils couvrent un périmètre bien plus large que la seule crue centennale.
Géoportail et Géorisques : deux outils publics, deux usages distincts
Vous avez déjà tapé une adresse sur Géoportail sans savoir exactement ce que vous cherchiez ? La confusion entre les deux plateformes est fréquente.
Géoportail affiche des couches cartographiques superposables : photographies aériennes, cadastre, relief, et surtout les zonages réglementaires (zones inondables, PPRI, aléas). On y visualise le risque sur une carte, parcelle par parcelle.
Géorisques fonctionne différemment. En entrant une adresse, la plateforme génère un rapport synthétique qui liste tous les risques identifiés pour la commune et le secteur : inondation, mouvement de terrain, séisme, retrait-gonflement des argiles, recul du trait de côte. Ce rapport sert de base à l’état des risques et pollutions (ERP), document obligatoire lors de toute vente ou location.
En pratique, commencer par Géorisques pour obtenir la liste des risques, puis basculer sur Géoportail pour examiner les cartes détaillées, constitue la démarche la plus efficace.

PPRI et zonage inondable : ce que les cartes révèlent sur votre parcelle
Le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) est le document qui détermine ce que vous pouvez construire ou non sur un terrain exposé. Sur Géoportail, la couche « Zones à risque naturel » permet de visualiser le zonage du PPRI applicable à votre commune.
Lire les couleurs du zonage
Les cartes du PPRI distinguent plusieurs types de zones. Les zones rouges correspondent aux secteurs où l’aléa est fort : la construction y est en principe interdite. Les zones bleues autorisent la construction sous conditions, avec des prescriptions techniques (surélévation du plancher, matériaux résistants à l’eau).
Une parcelle située en bordure de zone rouge peut basculer d’un côté ou de l’autre selon les mises à jour du PPRI. Vérifier la date du document affiché sur Géoportail est donc une précaution à ne pas négliger. Certains PPRI datent de plus de dix ans et ne reflètent plus les dernières modélisations de crue.
Urbanisme et assurance : les conséquences concrètes
Un bien situé en zone inondable déclarée par un PPRI approuvé reste assurable, mais la surprime peut varier significativement. Un terrain classé en zone rouge rend tout projet de construction quasi impossible, ce qui affecte directement sa valeur foncière.
Pour les documents d’urbanisme en vigueur (PLU, carte communale), le Géoportail de l’Urbanisme complète l’information en affichant les servitudes d’utilité publique et les règlements de zone.
ERP et décret de 2024 : le spectre de risques s’est élargi depuis janvier 2025
Le décret n° 2024-405 du 29 avril 2024 a modifié le contenu obligatoire de l’état des risques et pollutions. Depuis le 1er janvier 2025, l’ERP intègre le recul du trait de côte et l’obligation de débroussaillement, en plus des risques classiques (inondation, séisme, mouvements de terrain).
Concrètement, un vendeur ou un bailleur doit désormais mentionner dans l’ERP :
- Les zones couvertes par un PPRI ou tout autre plan de prévention des risques naturels (PPRN)
- L’exposition au retrait-gonflement des argiles, y compris les travaux de prévention associés
- Le recul du trait de côte pour les communes littorales concernées
- L’obligation légale de débroussaillement si le bien se situe dans un périmètre exposé aux feux de forêt
Géorisques intègre progressivement ces nouvelles données dans ses rapports par adresse. L’outil reste la source officielle pour générer un ERP conforme.
Retrait-gonflement des argiles : la carte qui a changé en 2026
Ce risque passe souvent sous le radar des acheteurs, pourtant il provoque chaque année des fissures structurelles sur des milliers de maisons individuelles en France. Une nouvelle carte nationale du retrait-gonflement des argiles, établie par le BRGM, est entrée en vigueur le 1er juillet 2026.
55 % du territoire français est désormais classé en exposition moyenne ou forte, contre 48 % avec l’ancienne carte. Ce reclassement a des effets directs : un ERP rédigé avant cette date sur la base de l’ancien zonage ne reflète plus la réalité réglementaire, même s’il a moins de six mois.
Pour un acheteur, cela signifie qu’il faut vérifier la date de la carte utilisée dans l’ERP fourni par le vendeur. Sur Géorisques, la consultation par adresse affiche désormais le nouveau zonage. Un bien passé d’exposition faible à moyenne peut exiger des études de sol complémentaires avant toute construction ou extension.

Vérifier les risques naturels d’une adresse : méthode pas à pas
Plutôt que de naviguer à l’aveugle entre les couches cartographiques, voici la séquence qui donne les résultats les plus complets :
- Accéder à Géorisques (georisques.gouv.fr), saisir l’adresse complète et consulter le rapport généré, qui liste tous les risques identifiés pour le secteur
- Ouvrir Géoportail (geoportail.gouv.fr), rechercher la même adresse, puis activer les couches « Zones à risque naturel » et « Plans de prévention des risques » pour visualiser le zonage sur la parcelle
- Consulter le Géoportail de l’Urbanisme (geoportail-urbanisme.gouv.fr) pour vérifier les servitudes d’utilité publique et le règlement du PLU applicable à la parcelle
- Comparer la date du PPRI affiché avec d’éventuelles mises à jour en cours auprès de la préfecture ou de la mairie
Croiser ces trois sources publiques prend une vingtaine de minutes et fournit un niveau d’information que même certains diagnostiqueurs ne compilent pas spontanément.
Un dernier point mérite attention : Géoportail prépare sa migration vers la plateforme cartes.gouv.fr. Les couches de données et les fonctionnalités seront progressivement transférées. Les adresses en favoris ou les cartes personnalisées enregistrées sur un compte Géoportail devront être recréées sur le nouveau portail. Anticiper cette transition évite de perdre ses repères le jour où la bascule sera effective.

